Le lecteur continue le poème.
Le lecteur invente le poète.»
Relis-le à midi.
Et le soir, sans le relire,
réponds au poème par un poème.
XXV
Mais l'amour me précédait encore
Et quand j'ai tendu les bras
La douleur est venue s'y faire plus amère
Tout le désert à boire
Pour me séparer de moi-même.
J'ai voulu que le hasard choisisse un poème de Paul Eluard. J'ai voulu que mes doigts soient maître de ma pensée. Mais ils ont choisi la page où j'ai pleuré devant l'impact d'une vérité dure à cerner.
Le mot séparation fait partie du vocabulaire de ma douleur. Le mot abandon lacère mon coeur.
Je me suis laissée battre par les larmes, je me suis noyée dans le dégoût que j'avais de moi-même en croyant que je devais tout sacrifier. Se regarder sans cesse, voir les problèmes que l'on doit traiter, et ne voir que ça, l'obsession devenant récurrente.
De toi à moi, un pas s'est transformé en kilomètres. De toi à moi, un amour qui a fini en miettes. Des bras qui ont laissé place à des brasses pour ne pas succomber à une fin, proche du fond d'un verre.
Un poème auquel je réponds par la haine. La haine qui devrait se retourner contre moi.
Je n'oublierai rien. La vie est une continuité et refuser certains événements signifierait perdre une partie de soi.
Je n'oublierai rien. Tant de départs, d'allers sans retour. Tant de soleils qui se couchent sur mes larmes. Je n'oublierai jamais ces miroirs qui me renvoyaient tout ce que je ne voulais pas voir. Ces longues nuits sans sommeil. Cette chimie qui me tend les bras. Ces grandes traversées de désert. Je n'oublierai jamais cette honte que j'ai pu ressentir face à moi et cette colère que j'ai pu ressentir face à vous.
Mais je n'oublierai jamais que je me suis pardonnée, que je vous ai pardonné. Que l'eau a coulé sous les ponts, que les pierres se sont érodées, que les bleus à l'âme finissent toujours par perdre de leur mordant.
Je n'oublierai jamais ces « merci », ces « je t'aime », ces sourires, ces mains tendues. Tout ce que la vie peut mettre sur un chemin et qui finalement, la rend belle.
Je n'oublierai rien car mon passé fait mon avenir. Et que finalement, le présent ne se conjugue qu'au présent.
![[ 29 novembre 2007.]](http://83.img.v4.skyrock.net/83e/presque-poete/pics/1376908756_small.jpg)
![[28 novembre 2007.]](http://83.img.v4.skyrock.net/83e/presque-poete/pics/1374583712_small.jpg)
![[27 novembre 2007.]](http://83.img.v4.skyrock.net/83e/presque-poete/pics/1373036090_small.jpg)
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