«Je suis en disponibilité de poésie.»
Antonin Artaud
Des poètes parlent des commencements d'un poème :
Pour moi, chaque départ de texte est accidentel. Je ne mets pas dans la position de vouloir écrire un poème. Ce sont des choses qui traversent l'esprit, mises bout à bout. On reconnaît dans ces moments une continuité, mais aussi et surtout qu'on n'écrit jamais pour la première fois.
André du Bouchet
C'est très curieux, mais ma poésie est liée à une commande, à une demande. En général le poète prétend le contraire ! C'est son domaine secret, réservé ! Moi pas du tout. La poésie est arrachée de moi-même. Ce sont les autres qui me forcent à faire de la poésie.
Michel Butor
Le point de départ du poème peut être une idée, une situation, un événement, une interrogation métaphysique ou un fait divers. Le poème ressemble à des nuages dont il faut transformer les formes en imafes, et les images surviennent lorsqu'elles trouvent leur cadence. Je commence invariablement par un tempo. Lorsque l'idée, l'image ou l'évènement ont trouvé leur cadence, je sais que je peux me mettre au travail.
Mahmoud Darwich
Le poème vient chez moi d'un rêve toujours latent. Ce rêve, j'aime à le diriger ; sauf les jours d'inspiration où j'ai l'imression qu'il se dirige tout seul.
Jules Supervielle
En est-il ainsi pour toi ? Quels passages de ces déclarations reprends-tu à ton compte ?
Le premier extrait est clairement ce que je pense. Ce n'est pas se contraindre à s'enfermer pour écrire mais plutôt à partir de rien pour évoluer dans un sens ou dans un autre même si le sens en devient complètement confus. Pour être honnête, je relis certains de mes textes et je ne sais plus de quoi je voulais parler, de ce que j'ai pu ressentir à ce moment-là, mais je couds les mots, les uns aux autres comme pour rejeter en somme tout ce qui déborde en moi.